Souvent, on associe la méditation au calme, au lâcher-prise ou à une forme de retrait.
Dans le cadre de la préparation mentale, c’est apprendre à diriger volontairement son attention. À la stabiliser. À la ramener quand elle s’échappe et à observer ce qui se passe vraiment à l’intérieur de soi.
En plus de ce que l’on fait, la performance se joue aussi dans la manière dont on vit ce que l’on fait. La capacité à rester présent, à ne pas se laisser envahir par les pensées, à accueillir une émotion sans qu’elle ne prenne toute la place, conditionne directement la justesse des décisions et la qualité de notre engagement.
La méditation offre un cadre simple et progressif pour entraîner cette compétence. Pour mieux comprendre son fonctionnement mental et développer une relation plus stable à l’instant présent, elle constitue un véritable entraînement mental, au même titre qu’un travail technique ou physique.
Dans cet article, nous vous proposons une approche en 6 étapes, issue du terrain et de l’expérience de l’accompagnement, pour découvrir la méditation comme un outil concret de préparation mentale, accessible et directement transférable dans votre vie professionnelle, sportive ou personnelle.
Méditer, concrètement, qu’est-ce que c’est ?
La méditation consiste à porter son attention sur l’expérience de l’instant présent, telle qu’elle se manifeste. Par vos sensations corporelles, vos pensées qui traversent votre esprit et vos émotions, agréables ou inconfortables.
Le point clé n’est pas de chercher à modifier ce qui est là, mais d’adopter une attitude d’acceptation et d’observation.
Autrement dit : observer sans juger, sans lutter et sans vouloir corriger.
C’est une façon d’être en relation avec l’instant présent, en pleine conscience.
En préparation mentale, cette pratique permet de développer deux compétences majeures, deux piliers essentiels de la performance durable : la capacité d’attention et la régulation émotionnelle.
Etape 1 : La posture : un ancrage physique et mental
Avant même de travailler l’attention, la posture joue un rôle central, elle incarne une intention.
La position recommandée est à la fois simple et accessible :
- Asseyez-vous sur une chaise, sans être avachi
- Ecartez légèrement les jambes, les pieds à plat sur le sol
- Gardez le dos droit mais souple, légèrement décollé du dossier
- Conservez la nuque dans le prolongement de la colonne vertébrale
- Posez vos mains sur vos cuisses ou jointes l’une sur l’autre
- Fermez vos yeux ou gardez les mi-clos, dirigés vers le bas
Il s’agit de trouver un équilibre entre tenue et relâchement. Une posture suffisamment stable pour soutenir l’attention, sans créer de tensions inutiles.
La posture doit dégager un sentiment de dignité, de présence et d’engagement.
Ensuite seulement, vient le relâchement.
Étape 2 : utiliser votre respiration comme point d’ancrage de votre attention
Dans cette seconde étape, votre respiration devient le point d’ancrage de votre attention. Le choix de la respiration permet de se focaliser sur un élément toujours disponible et facilement perceptible. Ici, on vient offrir un repère stable dans l’instant présent.
Je vous invite à percevoir votre mouvement respiratoire :
- au niveau du ventre, à travers les mouvements de gonflement et de relâchement
- sous les narines, en ressentant le passage de l’air à l’inspiration et à l’expiration
- ou dans la respiration globale, comme un mouvement qui traverse l’ensemble du corps
Choisissez la zone qui vous permet de sentir clairement le souffle, sans effort particulier. À ce stade, vous avez juste à sentir votre respiration.
Étape 3 : Première méditation : prendre conscience du fonctionnement de votre mental
L’objectif, cette fois est de suivre le va-et-vient de votre respiration pendant 5 minutes.
Très rapidement, vous allez percevoir que votre attention décroche. Elle quitte votre souffle pour se laisser emporter par une pensée, un souvenir, une anticipation ou un détail sans lien avec l’exercice et c’est tout à fait normal.
Sans entrainement, ce phénomène est quasi systématique. Il révèle simplement le fonctionnement naturel du mental : un esprit en perpétuel mouvement.
Et ce que l’on perçoit ici, c’est que la plupart du temps, ce ne sont pas nous qui dirigeons nos pensées, mais ce sont elles qui nous entraînent.
Prendre conscience de cette dérive attentionnelle est déjà une première étape importante. Cette première méditation permet d’identifier, concrètement et par l’expérience, le point de départ du travail mental : reconnaître que l’attention se disperse, souvent plus vite et plus souvent qu’on ne l’imagine.
C’est à partir de cette prise de conscience que l’entraînement peut réellement commencer.
Etape 4 : Deuxième méditation : ramener volontairement votre attention
L’objectif reste identique : suivre le va-et-vient de votre respiration pendant cinq minutes. Ce qui change, c’est votre posture intérieure face aux distractions. Dès que vous constatez que votre attention s’est éloignée de votre respiration, une pensée, une image, une anticipation, ramenez-la volontairement sur votre respiration. Simplement. Et vous répétez ce geste autant de fois que nécessaire.
Il s’agit ici, de vous entraîner à diriger votre attention Contrairement à ce qu’on peut entendre, méditer ne consiste pas à empêcher les pensées d’apparaître. Elles font partie du fonctionnement normal du mental. Le travail se situe dans la capacité à repérer le moment où vous décrochez, puis à choisir consciemment de revenir à un point d’ancrage.
Ce mouvement, de s’éloigner, s’en rendre compte, et revenir, est au cœur de la préparation mentale. Chaque retour volontaire vers votre respiration constitue une répétition, au même titre qu’un geste technique répété à l’entraînement.
Dans un contexte sportif, cette compétence permet de se recentrer après une erreur, de ne pas rester prisonnier d’un scénario négatif, et de retrouver rapidement une attention disponible pour l’action suivante.
Ou comme en milieu professionnel, dans une réunion tendue, une décision à fort enjeu ou sous une pression économique, sortir de vos scénarios internes d’anticipations, de ruminations, de doutes et de surcharge mentale permet d’améliorer votre prise de décision et d’être en pleine présence.
Il est important de souligner que la réussite de cet exercice ne se mesure pas sur la durée pendant laquelle vous restez concentré, mais plutôt sur votre capacité à revenir. Si, ne serait-ce qu’une seule fois, vous parvenez à vous détacher d’une pensée pour ramener votre attention sur votre respiration, vous êtes déjà en train de développer cette compétence.
Etape 5 : Troisième méditation : cultiver votre bienveillance envers soi-même
Dans cette troisième médiation, comme dans les exercices précédents, vous portez votre attention sur votre respiration. Cette fois-ci, vous ferez évoluer votre attitude intérieure.
Lorsque vous constatez que votre attention s’égare, ramenez votre attention et ce sans vous blâmer. Sans commentaire négatif, sans jugement sur votre capacité à bien faire.
Le décrochage s’accompagne souvent d’une auto-critique négative. De la frustration, de l’agacement, l’impression de mal faire.
En réalité, le décrochage fait partie de votre apprentissage. La différence se joue dans la manière dont il est accueilli. En cultivant volontairement, une attitude de patience, de bienveillance et d’acceptation, vous entrainer votre posture mentale.
Cette posture mentale est directement applicable aux situations vécues sous pression. Elle permet de traverser l’erreur, l’imprévu ou la difficulté. Avec de l’entrainement, cette manière d’être devient le socle d’une performance durable, avec un mental capable de rester engagé malgré des imprévus.
Étape 6 : Observer vos émotions plutôt que les subir
Cette dernière étape, ouvre un travail plus spécifique sur vos émotions. Elle vise à développer une relation différente à ce qui se passe intérieurement, notamment face à l’intensité émotionnelle.
Choisissez une situation récente ayant déclenché l’émotion de la colère. Il ne s’agit pas d’analyser la situation. Le but est simplement de faire ressurgir l’émotion telle qu’elle a été vécue.
Portez votre attention sur les sensations physiques associées, souvent localisées au niveau de la gorge, du cœur ou du plexus solaire.
En portant votre attention sur ces zones, vous observez la nature des sensations, leur intensité et leur évolution dans le temps.
L’objectif ici, est de laisser votre émotion se diffuser, évoluer, se transformer, se dissiper.
Ce travail développe votre capacité à rester en contact avec vos émotions sans être emporté par elles. L’émotion n’est plus vécue comme un signal d’alarme à éviter ou à combattre, mais plutôt comme une information à écouter.
Ce que la méditation change dans votre vie professionnelle ou sportive
Pratiquée régulièrement, la méditation agit de manière progressive et profonde. Elle modifie la manière dont vous les traversez les situations.
· Mieux repérer vos états internes et vos signaux précoces de tension
- Réduire votre réactivité émotionnelle face à l’imprévu ou à la pression
- Retrouver de la clarté dans les moments où l’enjeu est élevé
- Renforcer votre capacité de concentration
- Diriger votre attention sur ce qui est réellement nécessaire pour vous
Ces effets s’installent à travers une pratique régulière. Comme pour l’entrainement physique ou technique, c’est la répétition qui crée l’adaptation.
Aller plus loin avec Mental Formation
La méditation est un outil puissant, mais elle n’est qu’une des nombreuses clés de la préparation mentale.
Si vous souhaitez intégrer ces pratiques à votre quotidien ou à vos accompagnements, nos trois parcours :
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En conclusion
La méditation est un entraînement de fond. Elle ne vise pas à supprimer les pensées ou les émotions, mais à mieux les comprendre et à ne plus en être prisonnier. C’est ce qui en fait un outil particulièrement pertinent dans les environnements exigeants, qu’ils soient sportifs ou professionnels.
Elle devient réellement efficace lorsqu’elle s’inscrit dans un cadre de préparation mentale structuré, pensé en fonction du contexte, du niveau d’exigence et des enjeux spécifiques de chacun. Intégrée de cette manière, la méditation devient un levier de stabilité et de performance durable.

